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Polluants, humidité et interactions dans l'air intérieur : santé physique et du bâti en contexte belge

27 janvier 2026 par
Polluants, humidité et interactions dans l'air intérieur : santé physique et du bâti en contexte belge
Justin Letroye

L’air intérieur constitue aujourd’hui un enjeu sanitaire et constructif majeur, en particulier dans les bâtiments résidentiels rénovés et fortement étanchéifiés. Contrairement à une idée encore répandue, il ne s’agit pas d’un simple paramètre de confort, mais d’un véritable milieu physique dans lequel circulent en permanence des gaz, des vapeurs et des particules interagissant à la fois avec l’organisme humain et avec les matériaux du bâtiment.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’exposition chronique à un air intérieur de mauvaise qualité est associée à une augmentation significative des pathologies respiratoires, allergiques et cardiovasculaires, en particulier chez les enfants, les personnes âgées et les personnes souffrant d’asthme ou de maladies pulmonaires obstructives chroniques (OMS, WHO Guidelines for Indoor Air Quality, https://www.who.int/publications/i/item/9789289002134). 

En Belgique, le Conseil Supérieur de la Santé et le SPF Santé publique soulignent également le rôle déterminant de la qualité de l’air intérieur dans la prévention des maladies respiratoires et dans la salubrité du parc immobilier (SPF Santé publique, https://www.health.belgium.be).

Qualité de l'air intérieur et fluide chargé de polluants

Du point de vue physique, l’air intérieur est un mélange gazeux dans lequel se retrouvent principalement :

  • le dioxyde de carbone (CO₂), produit par la respiration humaine et indicateur du confinement de l’air ;
  • la vapeur d’eau, issue de la respiration, de la transpiration, de la cuisson, des douches et du séchage du linge ;
  • les composés organiques volatils (COV), émis par les matériaux de construction, les meubles, les colles, les peintures, les vernis et les produits d’entretien ;
  • des particules fines (PM₂.₅, PM₁₀), provenant notamment de la cuisson, du chauffage, des bougies, ou de la pénétration de pollution extérieure ;
  • dans certaines zones géologiques, des gaz du sol tels que le radon, un gaz radioactif naturel reconnu cancérigène par l’OMS (OMS, WHO Handbook on Indoor Radon, https://www.who.int/publications/i/item/9789241549959).

L’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) indique que les concentrations de nombreux polluants peuvent être, à l’intérieur des bâtiments, de deux à cinq fois supérieures à celles mesurées à l’extérieur, et parfois bien davantage dans des logements étanches et insuffisamment ventilés (US EPA, Indoor Air Quality, https://www.epa.gov/indoor-air-quality-iaq).

Production de polluants dans un logement occupé

Un logement occupé constitue une source permanente d’émissions. Chaque personne produit en moyenne entre 15 et 20 litres de CO₂ par heure par respiration, ce qui peut conduire, dans une chambre mal ventilée, à des concentrations dépassant rapidement 1 200 à 1 500 ppm, seuils au-delà desquels des effets sur la concentration, la vigilance et le confort sont observés (ASHRAE, Standard 62.1 – Ventilation for Acceptable Indoor Air Quality, https://www.ashrae.org).

En parallèle, la production de vapeur d’eau est considérable. Les travaux du CSTC (Centre Scientifique et Technique de la Construction) estiment qu’une famille de quatre personnes génère plusieurs kilogrammes de vapeur d’eau par jour par les activités domestiques courantes (CSTC, Humidité dans les bâtiments, https://www.buildwise.be). Cette vapeur d’eau, lorsqu’elle n’est pas évacuée par une ventilation efficace, augmente l’humidité relative de l’air et favorise les phénomènes de condensation sur les parois froides.

Interaction avec le corps humain et le bâti

Du point de vue sanitaire, l’OMS établit un lien direct entre l’humidité excessive, la présence de moisissures et l’augmentation des symptômes respiratoires, des allergies et de l’asthme (WHO Guidelines for Indoor Air Quality: Dampness and Mould, https://www.who.int/publications/i/item/9789289041683). Les COV, quant à eux, sont associés à des irritations des voies respiratoires, des maux de tête et, pour certains composés comme le formaldéhyde, à des effets cancérogènes à long terme.

Du point de vue du bâtiment, l’air intérieur chargé en vapeur d’eau interagit avec les parois selon les lois de la thermodynamique et de la diffusion de vapeur. Lorsque l’air humide entre en contact avec des surfaces dont la température est inférieure au point de rosée, la condensation se produit. Cette humidité de surface ou interstitielle constitue le facteur déclenchant principal du développement fongique, de la dégradation des isolants, du pourrissement des bois et, à plus long terme, de l’altération des maçonneries, phénomènes largement documentés par le CSTC et par la littérature scientifique en physique du bâtiment.

Ces mécanismes montrent que la qualité de l’air intérieur et la gestion de l’humidité ne peuvent pas être traitées comme de simples questions de confort, mais comme des enjeux structurels et sanitaires du bâtiment.

Dans le cadre de rénovations, d’achats ou de diagnostics de pathologies (moisissures, condensation, inconfort respiratoire), une analyse globale du fonctionnement hygrothermique et de la ventilation est indispensable.

C’est précisément l’objet des missions d’expertise et d’accompagnement que je réalise à Bruxelles et en Brabant wallon : comprendre le comportement réel du bâtiment, identifier les déséquilibres et proposer des solutions cohérentes, durables et adaptées au contexte constructif.

Parlons de ce sujet ensemble.

Justin Letroye
Votre expert immobilier

Polluants, humidité et interactions dans l'air intérieur : santé physique et du bâti en contexte belge
Justin Letroye 27 janvier 2026
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